Éco-concevoir un pojet éditorial

Dans une logique d’édition responsable, l’impact environnemental d'une édition peut être limité grâce à une réflexion sur les supports et les choix graphiques les mieux adaptés.

Comprendre l'édition responsable

Comprendre l'édition responsable

Des arguments pour comprendre

Canal de communication traditionnel, le secteur de l'édition et plus précisément l’industrie papetière a réalisé des efforts importants pour limiter son impact environnemental. C’est aujourd’hui aux entreprises et aux consommateurs de prendre le relais dans leurs choix d’achats de papiers, leurs modes de consommation et la gestion des déchets qui en résulte.

Avant de vous lancer dans l’édition responsable, une première approche des enjeux et objectifs vous permettra d’identifier les avantages d’une telle démarche pour la porter auprès de votre organisation.

En mettant en place une démarche de prévention et d’éco-conception de vos projets éditoriaux, vous gagnez à tous les niveaux :

  • Sur le plan environnemental : en réduisant l’empreinte globale de votre organisation.
  • Sur le plan économique : en diminuant vos dépenses de papier, de consommables, d’imprimantes, d’entretien, de frais d’élimination des déchets…
  • Sur la dynamique interne : en fédérant les équipes autour de problématiques communes.
  • Sur l’image de votre organisation : en répondant aux exigences des différentes parties prenantes dans le cadre d’une démarche en faveur du développement durable.

Les questions à se poser

En tant que communicant, la mise en place d’une démarche d’écoconception des projets éditoriaux réside tout d’abord dans l’évaluation des besoins. Voici les questions préalables essentielles à se poser : 

  • A quel(s) besoin(s) répond le projet ?
  • Les cibles sont-elles clairement identifiées ?
  • L’objectif du projet est-il explicité ?
  • Quelle quantité doit être imprimée ? Faire le point sur les quantités des éditions précédentes est un bon indicateur pour estimer de la manière la plus précise les nouveaux besoins d’impression.
  • Quelle durée de vie de l'édition ? Il est nécessaire de s'interroger sur l’obsolescence des contenus pour prévoir un dispositif de mise à jour.
L'outil Papermetrics


Paper Metrics, développé par Citeo, doit permettre d’intégrer automatiquement dans les devis des imprimeurs les impacts environnementaux (les émissions de gaz à effet de serre, l’eutrophisation des eaux et l’oxydation photochimique qui contribue à la formation d’ozone) de vos imprimés, une évaluation de son niveau d’éco-concnception et une simulation du montant de votre écocontribution.

Il vous permet également d’identifier les caractéristiques de vos produits graphiques qui pourraient conduire à un bonus ou un malus, car elles représentent une perturbation pour les procédés de recyclage.

Pour faire ces calculs, l’outil utilise en priorité la base Impacts® l’ADEME complétée par la base de données usuelle et reconnue de l’analyse du cycle de vie Ecoinvent. 

Optimiser les supports

Optimiser les supports

Le choix du format de votre document peut permettre de limiter la consommation de papier en optimisant les chutes de papier (rognes). En choisissant un format standard (A4, A5…), on peut limiter les chutes de découpe et donc les quantités de déchets et les consommations de matière.

Cependant, cela dépend du matériel utilisé par l'imprimeur : dans certains cas, les papiers de taille normalisée sont plus performants, dans d’autres cas, l’utilisation de laizes de papier (rouleaux) donne la liberté de définir un format rectangulaire de taille plus originale. 

En choisissant le bon format dès la conception, vous pourrez également optimiser la diffusion de votre publication auprès de des cibles. Le format standard permet notamment d’utiliser des enveloppes ou des cartons normalisés. 

Grammage

Vous pouvez également adapter le grammage en choisissant l’option juste et nécessaire, selon le type d'édition :

  • Un grammage de 70 g ou 80 g est suffisant pour un courrier standard.
  • À partir de 150 g, le papier devient rigide.
  • Pour des flyers, on recommande 135 g.

Choix de l'impression

Eviter les impressions qui utilisent un pelliculage, un vernis ou une dorure à chaud pour faciliter le recyclage du support.

Vous avez tout intérêt à échanger avec votre graphiste et votre imprimeur en phase de conception pour leur expliquer votre souhait de publication responsable et bénéficier ainsi de leurs conseils. 

LE SAVIEZ-VOUS ? PAPIER VERSUS DIGITAL

 

Papier et digital, ont des impacts environnementaux. Basculer d’un support imprimé à un support digital doit être évalué globalement, en fonction de l’usage envisagé :

 

  • Plus un document a une durée de vie longue et est manipulé par de nombreuses personnes, plus il est judicieux de l’imprimer.
  • En revanche, si le document a une durée de vie courte et ne nécessite pas d’être conservé, il est préférable d’utiliser un format numérique. 

Il est bien sûr possible de coupler les deux formats : par exemple un document imprimé diffusé aux cibles pour lesquelles une version papier est indispensable et un format en ligne complet (comprenant une synthèse pour un premier niveau de lecture et une version plus riche pour les personnes souhaitant approfondir leur lecture) régulièrement actualisé et diffusé largement. 

L’étude comparative réalisée en 2020 par le Groupe La Poste sur la base d’une analyse du cycle de vie multicritères a démontré que le papier peut être moins impactant qu’une opération digitale. Ainsi, les impacts environnementaux d’un « flyer recto en couleur pour une chaîne de restauration distribué en boîtes aux lettres » ont notamment été comparés à ceux d’une « vidéo publicitaire courte consultée sur réseau social ».

Résultat : le papier est plus favorable que le numérique pour 15 indicateurs environnementaux sur 16. En particulier, le flyer en question a 3 fois moins d’effets sur le changement climatique et 7,1 fois moins de ressources fossiles utilisées. Précisons que ces données ne peuvent pas être extrapolées à d’autres projets.   

C’est donc à vous d’évaluer comment réduire au maximum les impacts environnementaux de votre projet, en ayant conscience des enjeux et bonnes pratiques liés au choix du papier et/ou du digital.

Optimiser les choix graphiques

Optimiser les choix graphiques

Par vos choix graphiques, vous pouvez limiter la consommation de papier et d’encre.

L'optimisation de la mise en page est donc à prendre en considération avec comme ligne directrice « aérer mais pas trop » : fond blanc/limitation des aplats, taille des interlignes, suppression de pages quasi vides entre chapitres, adaptation de la largeur de la marge selon le mode de reliure. Par exemple, passer d’une marge de 2,5 à 1,5 cm, réduit la consommation d’une page toutes les six pages.

Échangez avec votre graphiste pour trouver les meilleures pistes alliant efficacité du message, facilité de lecture et esthétisme.

Optimiser la durée de vie du support

Optimiser la durée de vie du support

Vos choix de conception doivent tenir compte de la durée de vie et des contextes d’utilisation prévisibles du document.

Vous pouvez lutter contre la trop rapide obsolescence des documents de référence en :

  • évitant de mentionner des informations susceptibles d’évoluer rapidement,
  • envisageant un système de mise à jour des parties contenant des informations susceptibles d’évoluer rapidement.

 

Boris Butaeye, co-fondateur du studio de communication responsable Light

 

« Chaque projet de communication doit être analysé sous l’angle de la pertinence. Ensuite, on identifie les leviers que l’on peut mettre en place pour en réduire les impacts, sans rien sacrifier à l’efficacité ou à la qualité visuelle des supports que l’on crée. 

En créant des supports de communication éco-conçus, je n’ai pas la sensation de faire un métier radicalement différent. Les objectifs de la communication sont les mêmes, qu’elle soit pensée de façon à réduire son impact environnemental ou pas. La création graphique reste la création graphique. 

Malgré cela, il faut accepter de penser différemment, de remettre en question nos façons de penser et de faire pour aboutir à un résultat plus sobre. Il faut intégrer de nouvelles contraintes et examiner de nouveaux marqueurs pour estimer la réussite d’un projet, comme le taux de couverture en encre de chaque page ou la quantité de papier. »

Pour aller plus loin