Numérique et impacts environnementaux

Si les TIC contribuent à réduire l’impact environnemental de nos pratiques, leur cycle de vie montre que leur impact n’est pas neutre. Face à leur potentiel de développement, réduire ces impacts est un enjeu capital et les communicants ont un rôle à jouer.

Comprendre les impacts environnementaux

Comprendre les impacts environnementaux

TIC et cycle de vie


De l’extraction à la fin de vie, les TIC génèrent des impacts spécifiques :

  • Conception : cette phase a un impact majeur sur les suivantes. Eco-concevoir son produit peut réduire considérablement l’impact environnemental de toutes les phases suivantes.
     
  • Extraction : épuisement des ressources non renouvelables, consommation d’énergie liée à l’extraction…
     
  • Fabrication : consommation d’énergie, d’eau et de matières premières, pollutions liées à la dispersion de produits toxiques et/ou écotoxiques, impacts sanitaires, émissions de gaz à effet de serre…
     
  • Utilisation : compte tenu du nombre croissant d’utilisateurs, l’impact écologique de cette phase ne cesse d’augmenter. On parle ici du réseau (connexion des devices et accès à Internet), des data centers (structures physiques où sont stockées les données des utilisateurs), mais surtout de la consommation électrique de ces outils. A cela s’ajoute la consommation d’eau nécessaire à la production de l’électricité et au refroidissement des centres de données.
     
  • Recyclage et fin de vie : traitement des déchets électriques et électroniques (DEEE).

 

L'AVIS DU PRO

 

Idée reçue : Dématérialisation = zéro impact ?
Si l’on utilise du papier écolabellisé ou certifié, le transformer en documents numériques ne réduit pas les impacts car on note un transfert d’impacts et de pollution. Le problème du papier n’est pas le fait de couper des arbres mais la consommation d’eau douce et les pollutions chimiques associées à la fabrication de la pâte à papier. Les octets quant à eux se matérialisent sous la forme de fibres optiques, câbles en cuivre, disques durs, écrans, ordinateurs et autres claviers dont la fabrication concentre de nombreux impacts environnementaux.

Idée à retenir : Plus une information a une durée de vie courte et plus il est judicieux de la stocker nativement au format numérique (sans oublier de la détruire dès que l’on ne s’en sert plus). Inversement, plus une information a une durée de vie longue et est manipulée par de nombreuses personnes et plus il est judicieux de l’imprimer.
+ d’idées reçues sur www/greenit.fr


L’empreinte du Web


Internet a une forte empreinte environnementale. Entre la fabrication et l’utilisation du matériel, c’est une source importante de consommation énergétique et donc d’émissions de gaz à effet de serre. Cette empreinte va doubler entre 2010 et 2025.

  • 45 millions de serveurs
  • 800 millions d'équipements réseaux (routeurs, box ADSL...)
  • 15 milliards dobjets connectés en 2018 et 46 milliards attendus en 2030
  • 8 à 10 milliards d'e-mails échangés et 180 millions de recherche Google en une heure

Les émissions de gaz à effet de serre du nuémrique représentaient 4% des émissions mondiales en 2018 :

  •  47 % dues aux équipements des consommateurs
  • 28 % due aux infrastructures réseau
  • 25 % due aux data centers

Voir l'empreinte du Web par Frédéric Bordage sur www.greenit.fr

Axes d'action pour réduire les impacts environnementaux

Axes d'action pour réduire les impacts environnementaux

Voici les différents volets d'actions pour réduire l'impact du numérique et écoconcevoir un service numérique :

  • Réduire l'empreinte écologique des TIC
  • Accessibilité, éthique et respect de la vie privée
  • Leviers d'action lors de la conception d'un service numérique
  • Leviers d'action lors de la réalisation et de l'hébergement d'un service numérique

Principes clés pour réduire les impacts environnementaux

Principes clés pour réduire les impacts environnementaux

L’utilisation des TIC peut être optimisée, à travers des pratiques plus responsables et la notion de TIC durables. Quand on parle de TIC durables, on aborde 3 périmètres :

 

  Définitions proposées sur le site www.greenit.fr
GREEN IT 1.0
(Green for IT)
Démarche d’amélioration continue qui vise à réduire l’empreinte écologique, économique et sociale des technologies de l’information et de la communication.
GREEN IT 1.5 Démarche d’amélioration continue qui vise à réduire l’empreinte écologique, économique et sociale de l’organisation (au sens physique du terme). Cela passe par la réduction de la surface des bureaux et des kilomètres parcourus par les salariés. Un deuxième volet du Green IT 1.5 consiste à mettre les TIC au service de la stratégie Développement Durable de l’entreprise. Par exemple en proposant des logiciels pour suivre la stratégie RSE de l’entreprise (pilotage, reporting).
GREEN IT 2.0
(IT for green)
Démarche d’amélioration continue qui vise à réduire l’empreinte économique, écologique et sociale d’un produit ou d’un service, grâce aux TIC. Par exemple, l’ajout d’une fonctionnalité d’éco-conduite dans le GPS livré avec une voiture.


 

L'éco-conception informatique vise à rendre le cycle de fabrication, utilisation et recyclage ou destruction moins toxique et plus sobre en énergie. Ceci passe notamment par des normes de management environnemental (ex : EN/ISO ou EMAS) et les initiatives éco-responsables de certains secteurs industriels ou entreprises.

L’éco-conception des logiciels porte avant tout sur la conception – fonctionnelle, graphique, ergonomique, technique, etc. – et vise en priorité à réduire la quantité de ressources informatiques nécessaires au fonctionnement du logiciel / site Web / service en ligne. Il en découle d’intéressantes économies d’énergie et on favorise l’allongement de la durée de vie des terminaux utilisateurs (et des serveurs).

Les premières études de cas concrets ont montré que l'application des principes d'éco-conception permettait de gagner :

  • 25 % à 70 % de consommation d'énergie sur une application native mobile ;
  • 30 % du nombre de machines physiques dans un data center, ce qui amène un retour sur investissement rapide pour l'exploitant ;
  • ou encore 90 % de consommation des ressources informatiques (client et serveur) sur un simple « carrousel d'image » sur un site Internet.