Les médias parlent-ils davantage de l’environnement ?
Le GIEC rappelle dans son rapport de 2022 que les médias « ont un rôle crucial dans la perception qu'a le public (du changement climatique), sa compréhension et sa volonté d'agir ». Mais où en est-on en matière de traitement médiatique des enjeux environnementaux en France ? Tel est l’objet de l’Observatoire des Médias sur l’écologie (*OMÉ) lancé le 7 novembre 2024.
Porté par un collectif d’associations (Expertises Climat, « Pour plus de climat dans les médias », QuotaClimat, Data For Good) et d’entreprises (Eleven Strategy et Mediatree), cet Observatoire a pour objectif de produire des ressources accessibles et objectives. Et ce, afin de pouvoir mesurer l’état de la couverture médiatique des sujets environnementaux dans les programmes d’information (TV et radio). À l’heure où l'on ne pouvait que regretter l’absence de données publiques fiables, transparentes et unifiées sur cette question sensible.
Co-financé par l’ADEME dans le cadre de l’appel à communs « sobriété et résilience des territoires » ainsi que par l’ARCOM, l’outil numérique analyse les données de programmes d’information diffusés entre 6 h et 23 h par onze chaînes de télévision (TF1, France 2, France 3, Arte, LCI etc.). Et, huit stations de radio publiques et privées (France Inter, RTL, Sud Radio, RFI, etc.). Dès 2025, cet outil est élargi à la presse écrite et à la publicité audiovisuelle, notamment grâce au soutien de l’ADEME.
Le fondement méthodologique de l’OMÉ consiste à rechercher automatiquement des mots-clés appartenant au champ lexical de l’environnement dans les verbatims du flux audiovisuel.
Quels sont les principaux résultats de l'OMÉ* au 1ᵉʳ semestre 2025 ?
- Un temps d’antenne dédié à l’environnement au premier semestre 2025 de 5,3 %, soit une augmentation de 30 % par rapport au 1ᵉʳ semestre 2024. La part d’antenne dédiée à l’environnement en général, climat compris, est surtout forte lorsque surviennent des événements climatiques extrêmes. Ainsi, la vague de chaleur de juin 2025 a fait l’objet d’une forte médiatisation (+7,6 %), un niveau jamais atteint depuis les premières mesures de l’Observatoire en 2023.
© L’Observatoire des Médias sur l’Écologie.
- « La biodiversité et l’érosion des ressources naturelles sont généralement le parent pauvre du traitement médiatique des enjeux environnementaux. Ces crises sont 2 à 4 fois moins traitées que le climat. Cependant, pour la première fois, la couverture des enjeux relatifs à la biodiversité a dépassé sur une courte période celle relative au climat, fin mai-début juin. En cause : l’adoption de la proposition de loi Duplomb et l’approche de l’UNOC. »
- « La part accordée au traitement médiatique des solutions climatiques est faible, et les solutions les plus couvertes concernent la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En revanche, celles sur l’adaptation au changement climatique sont quatre fois moins abordées. »
- Entre janvier et juin 2025, les secteurs les plus mentionnés lorsqu’il est question de solutions à la crise climatique sont « l’énergie » et le « transport ». Le secteur du « bâtiment » semble insuffisamment traité au regard de son rôle dans les émissions de gaz à effet de serre et la transition écologique.
- Extrait du dossier de presse : l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie, Bilan 1er semestre 2025 (PDF – 1,4 Mo)
Visualisez l’ensemble des données sur la plateforme de l’Observatoire des Médias sur l’Écologie :