Quel est l’impact du numérique ?

Si le numérique peut contribuer à réduire l’impact environnemental dans nos quotidiens professionnels et personnels, son empreinte reste réelle, comme le prouve son cycle de vie.

  • COMPRENDRE

  • Les incontournables

Le numérique offre des opportunités majeures pour tous les communicants, il permet une communication instantanée, avec des contenus actualisables en temps réel et une capacité de diffusion élargie. Sauf que ce numérique a un impact sur l'environnement… Il est souvent difficile de s’en rendre compte car son impact est immatériel. Intégrer les principes de sobriété numérique dans nos habitudes est un enjeu majeur.

Panorama des chiffres clés du numérique au niveau mondial

  • L’empreinte carbone du numérique représente 4,4 % des émissions de la France en 2022 sans considérer l’essor de l’intelligence artificielle. Ce chiffre pourrait tripler d’ici 2050.
  • 11 % de la consommation électrique française est liée aux services numériques.

Côté équipements et objets

  • 79,5 millions de serveurs au niveau mondial.
  • C’est la phase de fabrication qui concentre encore la majorité des impacts environnementaux. Elle représente 60 % de l’empreinte carbone en France. 30,5 milliards d’équipements réseaux (routeurs, box ADSL…) utilisés, soit près de 6 équipements par internaute.
  • Pour une tablette ou un ordinateur, passer de 2 à 4 ans d’usage améliore de 50 % son bilan environnemental.

    Source : Site Librairie ADEME – Comment adopter la sobriété numérique ? (2025)

Côté données

  • Les requêtes ChatGPT sont 6 fois plus nombreuses entre 2024 (451 millions) et 2025 (2,6 milliards) d’après Le Point

Les idées reçues sur le numérique

« Le numérique a moins d’impact environnemental que le papier »

Pas forcément. Bien qu'immatériel, le numérique a une empreinte. En France, sa phase de fabrication représente la 1ʳᵉ source d’impacts environnementaux, suivie par les pollutions associées à la phase d’usage.

L’empreinte environnementale du support papier se concentre principalement sur sa phase de production, alors que, pour le support digital, ce sont les étapes de diffusion, d’usage et de stockage qui sont prépondérantes.

Le numérique et le papier ne peuvent s’opposer : chacun présente des avantages spécifiques, tout en soulevant des enjeux environnementaux qui lui sont propres. Selon les usages, il est également pertinent de combiner les 2 approches.

Et pour vous aider à comprendre les impacts du numérique et éveiller votre regard critique, l’INRIA et l'association Class’Code ont développé un MOOC : site Fun Mooc – Impacts environnementaux du numérique.

« La dématérialisation permet de réduire les consommations de papier »

Ce n’est pas systématique. Attention aux transferts de pollution : les impacts du papier et des octets sont différents. Un support n’est pas systématiquement moins impactant que l’autre. Tout dépend de leur usage.

« Les sites internet éco-conçus sont moches »

Faux. Écoconcevoir son site internet n’exclut pas un travail graphique.

S’il est recommandé d’éviter les carrousels et les vidéos et de privilégier les illustrations aux photos, il est conseillé d’utiliser des images et des feuilles de style pour rythmer les pages de contenu. Bien sûr, il s’agit d’optimiser le poids des images et d’alléger le code des feuilles de style. Et cela n’empêche en rien la créativité ! D’ailleurs, avez-vous déjà visité le site Alt Impact ? Il est attractif, n’est-ce-pas ?

« Si j’adopte le numérique responsable, le référencement de mon site sera affecté et mon trafic à la baisse »

Faux. L’écoconception renforce la performance des sites.

En général, en se centrant sur le besoin usager, un travail de tri et de suppression des contenus est effectué. Cette réduction du nombre de pages en ligne n’affecte aucunement le trafic du site. Tous les sites qui opèrent ce nettoyage des contenus constatent une hausse de leur trafic et une meilleure qualification de leur référencement. Testez-le !

« Les data centers sont la principale source d’impact du digital »

Vrai et faux, ils représentent déjà 46 % des impacts du numérique français. Derrière la production d’objets numériques (50 %), et devant les infrastructures réseaux (4 %), d’après l’avis de l’ADEME 2025 « Numérique & environnement ». Mais leurs impacts environnementaux devraient croître fortement à cause du recours massif à l’IA.

« Le numérique, c’est pratique. Peu de ressources consommées pour un résultat maximal »

Faux. Dès sa fabrication, le numérique consomme des ressources. Et pas qu’un peu. 117 millions de tonnes de ressources (métaux, énergie, eau…) sont utilisées par an pour produire et utiliser les équipements numériques, soit 1,7 tonne par Français et par an d’après l’étude ARCEP-ADEME 2025 « Évaluation de l’impact environnemental du numérique en France ».

Qu'en est-il de la fabrication d’un smartphone ?

Ce ne sont pas moins de 70 matériaux, dont 50 métaux, d’après la FNE, qui sont nécessaires pour la fabrication des composants électroniques. Un smartphone fait 4 fois le tour du monde avant d’arriver en point de vente.

Parcourez l’infographie de Systext qui décompose votre téléphone : site Systext – Des métaux dans mon smartphone.

Et pour mieux appréhender les enjeux des ressources minières, voici quelques recommandations :

  • Aurore Stéphant : site YouTube – Réalités minières et limites matérielles | UNIL.

    Aurore Stéphant est ingénieure géologue minier. Elle est co-fondatrice de l'association SystExt pour explorer l’impact des activités minières et les enjeux associés aux matières premières minérales. Cette vidéo aborde notamment les réalités humaines et environnementales de l’exploitation minière, les évolutions prévisibles des systèmes miniers, ainsi que les liens entre matières premières minérales et modèle de développement. Ces conclusions invitent à réfléchir aux implications des plans de transition actuels et aux perspectives pour des changements nécessaires.

  • Site techologie.net – La réalité minière du numérique avec Célia IZOARD.

    Célia Izoard est journaliste indépendante. Elle écrit des articles critiques de la technologie moderne et elle dénonce la numérisation de la société. Le podcast explore les dessous de l’industrie minière.

  • Podcast Point de M.I.R – Loin des yeux, loin du cœur.

    Les épisodes de ce podcast rendent hommage aux travailleurs et travailleuses de l’ombre, mineurs, creuseurs, forçats de l’électronique, salvagers (récupérateurs) et micro-tâcherons du clic.

Le coût énergétique de la vidéo

Le format vidéo est le plus consommé. Et regarder une vidéo en streaming est énergivore. L’impact carbone des usages audiovisuels représente 1/3 de l’empreinte carbone du numérique en France. Les usages audiovisuels sont responsables de 0,9 % de l’empreinte carbone totale de la France, et de 2,9 % de la consommation électrique française. Selon les scénarios d’usage, 1 h de consommation représente entre 6 et 57 gCO₂eq, soit l’équivalent d’un TGV roulant sur 2 à 20 km.

 

Les données sont issues de l’Étude d’impact environnemental des usages audiovisuels en France (PDF – 7,3 Mo) de l’ADEME, l’ARCOM et l’ARCEP réalisée en 2024.

 

Dès lors, c’est un enjeu important de ne pas systématiser l’usage de la vidéo en communication et de la réserver aux contenus pour lesquels elle est indispensable.

 

Les perspectives d’innovation, comme la réalité virtuelle ou l’IA, sont plus que jamais à pondérer avec leur empreinte environnementale encore plus conséquente.

Comprendre le cycle de vie du numérique

Pour comprendre les impacts entre la fabrication et la fin de vie des appareils, il est important de distinguer les différentes phases du cycle de vie du numérique.

Fabrication

Consommation d’énergie, d’eau et de matières premières, pollutions liées à la dispersion de produits toxiques, impacts sanitaires, émissions de gaz à effet de serre, extraction de métaux ou minerais rares… Jusqu’en 2025, beaucoup d'impact du numérique sont liés à sa phase de fabrication, bien que la part liée à l’utilisation ne cesse d’augmenter :

  • 60 % de l'impact environnemental d'un terminal se fait lors de la fabrication,
  • et 40 % lors de l'utilisation.

(D’après l’étude ADEME/ARCEP, 2025 – « Évaluation de l’impact environnemental du numérique en France »).

Utilisation

Derrière nos usages numériques (vidéos, photos, stockage, services en ligne, IA…) se trouvent des infrastructures physiques très conséquentes, dont les data centers. Ce sont de véritables bâtiments industriels où fonctionnent en continu des milliers de machines : les serveurs qui réalisent les calculs, les systèmes de stockage qui conservent et sécurisent les données, et les équipements réseau (switches, routeurs, répartiteurs de charge) qui organisent la circulation de l’information. Autour de ce cœur informatique, une infrastructure tout aussi importante est nécessaire : systèmes de refroidissement maintenant les machines à une température stable (environ 20 % de la consommation totale selon les centres - IEA, Agence Internationale de l'Énergie), contrôle de l’humidité, alimentation électrique redondée, batteries d’onduleurs, groupes électrogènes, sans oublier l’éclairage et les espaces techniques.

Aujourd’hui, l'empreinte écologique du numérique provient encore majoritairement de la fabrication des équipements, mais la phase d’usage est en forte croissance : plus d’utilisateurs, plus de temps passé en ligne, des contenus toujours plus lourds et en haute définition… et désormais l’essor de l’IA générative, extrêmement gourmande en puissance de calcul. Les modèles d’IA nécessitent des serveurs bien plus puissants et denses, génèrent davantage de chaleur, et mobilisent des volumes massifs de données. Les data centers doivent ainsi être plus nombreux, plus grands ou plus denses, et leur consommation énergétique augmente mécaniquement. Cette dynamique : plus de données, plus de calcul, plus d’infrastructures, plus d’énergie, crée une trajectoire difficile à maîtriser sans une vraie stratégie de sobriété et d’encadrement des usages.

Recyclage et fin de vie

Cette empreinte est accentuée par le rythme soutenu de renouvellement des appareils. Au mieux, les déchets numériques sont dirigés vers des filières de recyclage, sinon éliminés après valorisation énergétique, ou enfouis.

  • Un Français remplace son téléphone portable tous les 2,5 à 3 ans en moyenne en 2023, d’après l’ARCEP.
  • Le taux de collecte des smartphones pour recyclage est estimé à seulement 5 %.
  • 80 % des matériaux d'un smartphone (en poids) sont recyclés.

(Guide ADEME, 2024 – « Comment conserver son téléphone plus longtemps ? »)

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2021, les Français peuvent se référer à l’indice de réparabilité présent sur plusieurs produits électroniques, dont les smartphones et les ordinateurs portables. Plus la note est élevée (sur 10), plus l’appareil est simple à réparer en cas de panne (démontage facile, pièces détachées faciles à trouver et peu onéreuses…). De plus, il existe également un indice de durabilité : il ne concerne à ce jour que les TV.

(Site Épargnons nos ressources – Les Indices de réparabilité & durabilité)

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