Les médias audiovisuels parlent-ils davantage de l’environnement en 2025 ?
Les programmes d’information dédient en 2025, 4,9%* de leur temps d’antenne aux enjeux environnementaux soit plus qu’en 2024 (3,7%) mais en recul comparé à 2023 (5,3%). Les enjeux environnementaux sont davantage couverts par les actualités chaudes qui ont marqué l’année, telles que : les épisodes de canicules, la loi « Duplomb », la Cop 30, etc.
© L’Observatoire des Médias sur l’Écologie.
Fait marquant de ce bilan, le temps d’antenne consacré à la biodiversité n’a jamais été aussi élevé, atteignant 2,6% de couverture médiatique. Ce résultat s’explique d’une part par la méthodologie utilisée. Celle-ci considère les canicules de juin et d’août 2025 comme des facteurs d’érosion de la biodiversité. D’autre part, l’emballement des discussions autour de l’examen de la loi « Duplomb » a attiré l’attention sur cet enjeu.
Les questions environnementales sont inégalement traitées par les médias. L’audiovisuel public (Groupe France Télévisions, Radio France et France Média Monde) se distingue par une meilleure couverture médiatique des enjeux environnementaux comparé à l’audiovisuel privé. La tendance révèle également une meilleure contextualisation des canicules diffusées par le service public. C’est le cas pour la télévision généraliste atteignant un ratio de 0,39, suivi par la radio généraliste (0,27) et l’information en continu (0,29).
Bien que les médias (TV et radio) puissent couvrir les conséquences des enjeux environnementaux à hauteur de 35% et 40%, le traitement des causes reste en marge. Peu évoquées, les causes représentent moins de 10% du total de la couverture du changement climatique pendant les épisodes de sécheresses.
Par ailleurs, l’outil de mesure de l’observatoire, permet désormais de quantifier la désinformation climatique à la télévision et à la radio. Cette première étude enregistre en 2025 plus de 665 cas de mésinformation climatique, soit 13 par semaine en moyenne. Les fake news propagées sont particulièrement nombreuses lors des débats politiques sur la stratégie énergétique de la France alors même que 59% des Français considèrent les médias traditionnels comme des sources fiables d’après la Fondation Descartes.
* Méthodologie : « L’observatoire analyse les programmes d’information diffusés entre 6h et 23h par onze chaînes de télévision et huit stations de radios, publiques et privées. »
L'environnement à la Une ou reléguée en bas de page ?
Qu'en est-il de la presse écrite française ? En 2026, L’OME dévoile un outil inédit, en ligne, d’analyse du traitement des enjeux environnementaux par la presse écrite nationale (100% du périmètre) et de la presse écrite quotidienne régionale (61% du périmètre). Coordonné par un consortium de huit structures associatives et privées*, l’outil ne se limite pas à quantifier le volume d’articles traitant d’environnement, il en étudie la qualité de l’information délivrée.
En moyenne en 2025, 6% des articles de presse ont couvert les enjeux environnementaux. Ce chiffre est de 8,1% concernant la presse nationale (presse quotidienne ou magazine) et de 4,6% pour la presse quotidienne régionale. Tandis que la télévision et la radio atteignent 5% en moyenne. Par rapport aux médias audiovisuels, la presse écrite couvre plus fréquemment les enjeux environnementaux, mais sont moins soumis à l’actualité chaude (canicules, inondations…).
Les analyses révèlent un traitement variable en quantité et en qualité selon les titres de presse. La presse nationale, couvre deux fois plus les enjeux environnementaux (8,1%) que la presse régionale (4,6%) en proportion d’articles produits. Ce sont les quotidiens économiques (La Tribune : 21%, Les Échos : 14%), qui y dédient le plus de place grâce à un traitement plus transversal au sein de plusieurs rubriques.
S’agissant de la qualité de l’information relayée, le lien avec le changement climatique est mentionné dans 50% des cas par les titres de presse nationale et 20% des cas par la presse quotidienne régionale. En revanche, on observe là encore une minorité de rédaction faisant le lien avec les causes du réchauffement climatique : 30% des cas par la presse nationale et 15% des cas par la presse quotidienne régionale.
*huit structures : Data For Good, Climat Médias, Éclaircies, Eleven Strategy, Expertises Climat, Mediatree, QuotaClimat, Science Feedback.
© L’Observatoire des Médias sur l’Écologie.
L’analyse des articles permet de donner une estimation de l’effort de hiérarchisation de l’information des médias. La mise en visibilité à la Une des sujets environnementaux reste contrastée selon les titres de presse. À minima, dans 50% de leurs Unes, Le Monde, La Croix et les Échos traitent des enjeux environnementaux. Au contraire, Le Point, M Magazine et le Figaro Magazine ont accordés moins de 10% de leurs Unes aux sujets environnementaux.
Ces premières analyses montent que la couverture des enjeux environnementaux par la presse écrite reste encore faible pourtant, la presse nourrit le travail des décideurs politiques et les rédactions audiovisuelles qui s’appuient sur ces contenus pour décliner leurs propres sujets.
Prenez connaissance de l’ensemble des résultats publiés par l’OME :
Recommandé pour vous :
Repenser sa stratégie de relations médias
Lutte contre la désinformation, l’infobésité, les relations médias ont un rôle considérable pour permettre aux organisations de regagner la confiance de leurs publics.
Comment mettre en place des relations médias plus responsables ?
6 points clés pour questionner et modifier vos pratiques de relations médias.